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Les mythes ont la vie longue. Créé en
1915 pour remplacer Paris Troyes qui se trouvait dans la zone des armées,
le raid Paris Bernay devenu un brevet d'Audax effectué à
allure régulière, avec Paris Rouen et Paris l'Aigle, fût
organisé tous les deux ans. 94 ans après, " l'Etat-major
" de l'Union des Audax Français apporte l'aide indispensable
à la réussite de ce parcours classique de 150 kilomètres.
Le Président Jean-Joël de Rudnicki et Gérard Maurice
(Super Audax complet), responsable des activités rame, natation,
ski de fond, dans la voiture suiveuse avec gyrophare transportant les
sacs, les jambes cassées par un 6 km/h (vive le sport), assureront
la sécurité intégrale du peloton. Comme pour les
sorties des Audax cyclistes, la priorité absolue. Bruno Danielzik,
responsable de l'activité cyclotourisme, avec la jeune sympathique
Catherine, seront des modèles pour nous ravitailler.
10H30.
Après des tâtonnements répliqués par Jacques
Remande qui s'assure que tout le monde a pris le départ, le compas
d'Alain Lammers, la fièvre au cur, tape les longues avenues
de St-Germain-en-Laye conduisant dans la forêt. Le temps est splendide.
Défilent les étoiles parfaite et du silence, Davron, Montainville
où l'on voit, rue des Pressoirs, la maison qu'habitat Bourvil,
Goupilières. Après Septeuil, Longnes. Un dîner est
prévu. Simultanément à plus du l/3 tiers de la distance
parcourue (52.8 km), crudités, plat de consistance, dessert et
café, sont avalés sans broncher. 
A la nuit tombée, équipés d'un baudrier fluo et d'une
torche, l'on repart sur les pas de Deschamps, Bontron, Drussy et de l'infatigable
Poincelet qui en était, en 1912, à sa douzième sortie
officielle. La route vers l'ouest, plus carrossable qu'autrefois, est
toute tracée. Il n'est pas possible, cependant, de faire resurgir
ces pionniers, avec leurs excès et leurs folies, faisant une halte
tous les 36 km !
Cheveux de feu, la Francilienne Ghislaine Lelay ne quitte pas le premier
rang. Elle entend bien remporter son 1er 150 km dans des conditions record.
De la FFRP, eux aussi, Sylviane et Laurent ne sont pas venus par hasard.
Etant à leur début, ils ont souhaité participer à
ce brevet en ligne, plutôt qu'à un trente heures, en raison
de sa plus grande difficulté, quitte à souffrir. Revivre
l'Audax à sa source, en quelque sorte. Découvrir plus qu'une
boucle de 25 km.
Tout ce qui, dans l'audax, est superflu, est en trop ! C'est ce qu'ont
compris les participants : Marc Vautier de Quimper, Sylvaine Julien (Seine
et Marne), Gérard Picot, lequel, après plusieurs années
d'école audax, franchit maintenant le mur de grandes épreuves
de marche athlétique. Guy Agnard des Mureaux, amateur de flèches
de 1000 km. Jean-Philippe Denis (aigle d'or vélo), vise son 1er
aigle d'or marche. La participation de Thierry Larcher et Loïc Fortun,
la trentaine et la quarantaine, marathoniens - ultra fondus, abusant de
leurs jambes et s'en servant comme d'un moteur à bonheur ! C'est
l'état d'esprit, avant tout, de vouloir dépasser les bornes.
Par des routes tranquilles, la nuit, les kilomètres en Eure s'additionnent
au plus proche de la nature, traversant de jolis villages. Jamais départi
de son humour, Alain annonce le bocage normand, le 100ème km, un
petit déjeuner copieux au cas où nous aurions à satisfaire
une petite faim et aussi besoin de se reposer ¾ h. Déjà,
nous entrons dans Conches-en-Ouche, un bourg pittoresque doté d'un
donjon du 11ème s. et de maisons en colombage. Hôtel retenu.
Dans ce cadre magnifique, profitant de cette pause bénéfique,
je dois préciser que la convivialité entre les marcheuses,
les marcheurs et la Direction de l'U.A.F., a été renversante
d'exemplarité et de dévouement quant à elle. Jean-Joël
rappelle que la gestion des diverses disciplines est assurée en
toute équité. Que nous avons un héritage fort à
cultiver : marque, légitimité, qualité. Solidement
ancrée, la marche est un fragment de l'Audax d'ample portée
qu'il appartient à tous de soutenir et de développer dans
la tradition : allure et distance notamment.
La confrontation des générations m'intéresse. J'ai
envie aujourd'hui, de chavirer dans le jeu de la fiction de soi. Encore
un effort, et dans un peu plus de cinq heures, le " Lion d'Or "
nous ragaillardiras. Après les 132.1 kilomètres s'étant
déroulés dans d'agréables conditions, chacun adopte
la pose pacifique des lions lorsqu'ils dépècent leur proie.
Ce repas gastronomique finement préparé ne sera pas oublié.
Les brevets de ville à ville ont du bon.
De retour est le soleil. Secs comme des bouts de bois aurions-nous été
sans la gentillesse de Catherine et Bruno qui nous ont admirablement pourvus
en boissons. La sortie du restaurant, durant environ sept kilomètres,
se déroule en forêt de Beaumont le Roger, de 3600 hectares.
Le chemin plat, très souple, se négocie très bien.
Habitée de splendides chênes sur toile de fougères,
avec des zones entières de pins zébrant un ciel bleu sans
nuages, elle n'a rien à envier au Massif des Maures de la Côte
d'Azur exploré avec Alain Lammers en mars dernier, au 100 km de
La Londe.
V'là Bernay ! Où donc est Marie-Claude ? A Saint-Jacques,
en pèlerinage, avec Violette, Micheline, Raymond et Thierry. Eh
bé ! Nous foulons l'avenue de la " gare ", descendante,
réconfortante, car elle annonce chaque fois, le terme de ce fondamental
Paris-Bernay.
Plaisir de gens reconnaissants ayant marché en toute simplicité.
Comblés de la bonne organisation, qui savourent la réussite
de ce cru 2009. Comblés en repartent. Déjà, se donnent
rendez-vous à Paris-Rouen.
Plaisir aussi de l'Etat major de l'U.A.F., heureux d'avoir offert du plaisir,
à la rencontre des marcheurs qui forcent son admiration. Ce n'est
pas nouveau. Il en a toujours été ainsi. Quant à
ces derniers, ils reconnaissent parfaitement les mérites et le
rôle primordial joué par les cyclistes et les autres disciplines.
Rarement brevet aura témoigné d'une aussi large ouverture.
C'est au moins le signe que les divergences de vue ne sont pas éternelles.
Lorsque ce texte paraîtra, nous aurons basculé en 2010. Je
souhaite à toutes et tous, une très bonne année et
saison sportive, une excellente santé et un mental d'acier pour
grimper le col du Tourmalet à la Raymond Poulidor, marcher à
la Yohann Diniz, nager, skier et ramer à la Laure Manaudou, Jean-Claude
Killy, Sledziewski
René VASSEUR
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