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C'est le nom que les organisateurs des Audax Lavallois ont donné
à ce brevet de 1000 km.
Nous sommes 8 cyclos de l'ACTC à avoir été alléchés
par ce programme réjouissant, puisqu'il s'agit de faire le tour
de nos chères côtes Bretonnes. Nous serons de loin, le club
le mieux représenté parmi les 25 participants de ce challenge.
C'est dès 6 h du matin, que nous nous retrouvons à Changé
en ce jeudi 2 juillet pour rejoindre Laval.
1ère étape : Laval Plouay, soit 222 km
Nous sommes maintenant tous bien rodés à ces exercices
Audax, les préparatifs vont bon train et après les traditionnelles
photos du départ avec la presse locale, c'est à 9 h précise
que nous partons "Cap à l'ouest".
Le ciel est un peu couvert mais la température est idéale,
nous arrivons vite au premier arrêt à Cuillé.
Une crevaison va scinder le groupe en deux et après une erreur
d'aiguillage à la sortie de la Guerche-de-Bretagne, tout le monde
se retrouve dans la bonne humeur autour de la table du "Relais de
Janzé". En repartant, les nuages s'amoncellent et c'est une
pluie fine qui nous accompagne jusqu'à Guer. Alors, que nous avions
rangé nos imperméables, nous traversons cette fois un orage
pour le deuxième rinçage de l'après midi ! Le temps
s'éclaircit, les chaussures sèchent, le moral remonte lorsque
nous arrivons à Saint-Jean-Brevelay, pour la dernière pause.
Ce dernier tronçon nous emmène vers la commune mythique
de Plouay et ça se mérite !!!
La route plus accidentée, et quelques hésitations de parcours
nous ont retardés d'une demi-heure et c'est à la tombée
de la nuit que nous rejoignons la table pour un dîner bien mérité.
Tout le monde se détend, mais le repas traîne en longueur,
nous devons encore rallier le gîte sous le clair de lune. Le domaine
de Manehouan est confortable mais nous n'aurons que peu de temps pour
l'apprécier. Il est déjà minuit et le réveil
est programmé pour 2 h 30 ! Le ton est donné, les journées
seront longues et les nuits courtes
Nous n'avons fait que 222 km,
demain l'étape en compte 300.
2ème étape : Plouay-Treglonou, soit 300 km
Le réveil à 2 h 30 est pénible pour tous, même
pour ceux qui ont réussi à s'endormir rapidement. Il faudra
pourtant des jambes car aujourd'hui nous allons longer les côtes
escarpées du Finistère.
Le premier tronçon effectué de nuit nous amène aux
portes de Quimper.
Dès le petit déjeuner englouti, nous nous divisons en trois
groupes emmenés par les cyclos locaux pour traverser la ville.
Nous apprécions la visite, mais l'horloge tourne et nous perdons
déjà de précieuses minutes.
L'arrêt suivant s'effectuera à la Pointe du Raz, le ciel
s'est éclairci et nous offre en prime la vue jusqu'à l'île
de Saint. Nous sommes au bout du monde ! Après la traversée
de Douarnenez, le déjeuner sera pris au Cap de la Chèvre.
Le restaurant est posé sur la plage et nous mangeons dans un décor
de carte postale sous un soleil radieux. La digestion sera plus brutale
puisque c'est une côte à 12% qui nous attend pour la reprise,
et les difficultés vont s'enchaîner ainsi tout l'après
midi.
Dommage que la circulation soit aussi dense car le parcours ne sera qu'une
suite de sites magnifiques, via la Presqu'île de Crozon, le port
de Camaret, etc.
Nous remontons ensuite sur Brest en traversant l'Aulne sur le pont de
Tenerez. Les Monts d'Arrêt culminent sur notre droite, l'arrivée
à Brest est grandiose par le pont Albert-Loupe, haut lieu de passage
de Paris-Brest-Paris.
Une dernière difficulté inattendue nous retardera encore
à quelques kilomètres de Treglonou : la route est barrée
pour cause de réfection d'un pont.
La journée se termine par une séance de portage typique
du cyclo-cross. Personne ne traîne pour rejoindre son lit après
cette journée riche en émotions et en dépenses physiques.
Tout le monde pense déjà à demain
337 km nous
attendent.
3ème étape : Treglonou-Pleine Fougères soit 337
km
Deuxième réveil à 2 h 30, la fatigue commence à
se lire sur les visages et les quelques fêtards que nous croisons
sur la ligne de départ auront bien du mal à nous dérider.
Quelques gouttes de pluie nous accueillent à Roscoff mais le petit
déjeuner devra attendre. Malgré tous nos efforts les portes
des différents bars du port resteront closes. C'est donc au café
de la gare de Morlaix que nous pourrons nous ravitailler. Juste le temps
d'apercevoir la rade de Morlaix, nous remontons sur Plouezoch pour rejoindre
le bord de mer à Plestin-les-Grèves.
Dès la sortie de Saint-Michel-en-Grève, la pente s'accentue
et notre camarade André commence à décrocher, Gérard
son ange gardien ne le lâchera pas de la journée
Chapeau
à eux deux ! Et là, je me dis que même si nous sommes
en Bretagne et pas en Normandie, nous allons vivre une nouvelle version
du "jour le plus long" ! Après un arrêt à
Tréguier, notre chemin traverse Painpol et c'est une longue ascension
qui termine notre matinée à Pordic.
Quelques
participants ont été distancés dans les dernières
difficultés et le déjeuner est l'occasion de ressouder le
groupe. Pas le temps de digérer, les cyclos Briochins sont venus
nous récupérer pour contourner Saint-Brieuc.
Ils s'acquitteront de cette tâche, avec succès, sans toutefois
éviter les incontournables difficultés du coin
Ce
n'est pas tout plat dans le quartier ! Nous rejoignons la côte d'Émeraude
à Saint-Cast-le-Guildo, avant de traverser le barrage de la Rance
en deux groupes. Gilbert qui nous accompagne dans le second groupe, nous
fait remarquer qu'il serait dommage (surtout pour nous !) que le barrage
ferme entre les deux pelotons. Du coup nous accélérons le
rythme et rejoignons rapidement nos camarades en jetant un il à
notre gauche sur Saint-Malo. Nous arrivons à Cancale pour le dernier
arrêt. Je m'aperçois que les terrasses du port sont bondées
et m'attaque au premier restaurant venu pour faire tamponner mon carnet
de route. L'endroit est plutôt snob et mon arrivée sème
le trouble. Je réalise soudain qu'après toutes ces heures
sur le vélo, je ne dois plus être très présentable
!!! Après les explications d'usage le responsable du lieu mi étonné,
mi admiratif, accède à ma requête.
Il ne reste plus que 35 km, toute l'équipée a tenu le coup
et le long de la baie du Mont-Saint-Michel, l'allure s'emballe un instant
Ça sent l'écurie !
Mais en quittant Saint-Broladre, une pente à 13 % nous surprend
tous et quelques uns mettront pieds à terre. C'est avec le sentiment
d'avoir accompli le plus dur, que nous arrivons à l'auberge de
jeunesse de Pleine-Fougères.
Avec l'habitude, c'est maintenant promptement que nous nous installons
dans les chambres, les douches sont rapidement prises et nous nous retrouvons
à table.
Malheureusement le gérant du lieu semble débordé
par cette horde affamée et inquiète devant les assiettes
vides !!!! En fait, plus de peur que de mal, le repas sera copieux. En
prime, nous avons droit à une longue nuit de sommeil, le réveil
n'est qu'à 3 h 30. C'est la grasse matinée du dimanche !
4ème étape : Pleine Fougères-Laval soit 144 km
C'est un plus détendus que nous prenons la route le matin. Les
144 km ne sont plus qu'une formalité, nous tenons le bon bout.
L'ACTC aura respecté sa devise "nous partons et revenons ensemble".
Sur ces longues distances, elle prend toute sa signification ! Nous serons
récompensés de nos efforts matinaux, en découvrant
le Mont-Saint-Michel sous un soleil levant et rougeoyant. A 6 h 30, seuls
quelques touristes asiatiques, sont déjà là pour
admirer le spectacle. Ce fut un moment privilégié que de
pénétrer dans un Mont-Saint-Michel encore désert.
Nous aurons ensuite droit à un consistant petit déjeuner
dans un superbe établissement de la Rive. C'est un petit moment
confortable, bien apprécié par tous. Ainsi ragaillardis,
le trajet jusqu'au dernier arrêt de Fougères passe vite.
Puis, rapidement nous croisons les premiers Lavallois venus à notre
rencontre.
Le groupe s'étoffe et il faut rester vigilant jusqu'au bout pour
qu'aucun incident ne vienne émailler ce formidable périple.
L'émotion monte et j'avoue avoir versé ma petite larme lorsque
nous franchissons ensemble les derniers mètres sous les applaudissements
de nos épouses venues nous accueillir. L'aventure se termine, quatre
d'entre nous viennent de gagner leur gallon d'"Aigle d'or de l'Audax".
Mais c'est toujours un sentiment partagé qui m'envahie dans ces
moments. D'une part, une grande satisfaction d'avoir accompli, tous ensemble,
ce contrat sans encombre et d'autre part la nostalgie de se séparer
et de retrouver un quotidien bien moins exaltant (demain c'est le boulot
).
Heureusement, nos organisateurs Lavallois ont prévu un sympathique
repas de clôture pour prolonger encore un peu ces bons moments.
Chacun y va de son anecdote et c'est ainsi que ce brevet rejoint déjà
nos meilleurs souvenirs avec la certitude qu'il y en aura beaucoup d'autres.
Arrivée à Laval.
A la nuit tombée, équipés d'un baudrier fluo et d'une
torche, l'on repart sur les pas de Deschamps, Bontron, Drussy et de l'infatigable
Poincelet qui en était, en 1912, à sa douzième sortie
officielle. La route vers l'ouest, plus carrossablequ'autrefois,
est toute tracée. Il n'est pas possible, cependant, de faire resurgir
ces pionniers, avec leurs excès et leurs folies, faisant une halte
tous les 36 km !
Cheveux de feu, la Francilienne Ghislaine Lelay ne quitte pas le premier
rang. Elle entend bien remporter son 1er 150 km dans des conditions record.
De la FFRP, eux aussi, Sylviane et Laurent ne sont pas venus par hasard.
Etant à leur début, ils ont souhaité participer à
ce brevet en ligne, plutôt qu'à un trente heures, en raison
de sa plus grande difficulté, quitte à souffrir. Revivre
l'Audax à sa source, en quelque sorte. Découvrir plus qu'une
boucle de 25 km.
Tout ce qui, dans l'audax, est superflu, est en trop ! C'est ce qu'ont
compris les participants : Marc Vautier de Quimper, Sylvaine Julien (Seine
et Marne), Gérard Picot, lequel, après plusieurs années
d'école audax, franchit maintenant le mur de grandes épreuves
de marche athlétique. Guy Agnard des Mureaux, amateur de flèches
de 1000 km. Jean-Philippe Denis (aigle d'or vélo), vise son 1er
aigle d'or marche. La participation de Thierry Larcher et Loïc Fortun,
la trentaine et la quarantaine, marathoniens - ultra fondus, abusant de
leurs jambes et s'en servant comme d'un moteur à bonheur ! C'est
l'état d'esprit, avant tout, de vouloir dépasser les bornes.
Philippe Riet
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