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Tourisme et culture sur "Calais-Paris-Col du Mont-Cenis-Brindisi"
(Souvenir Jean Rey)

Pourquoi vouloir relier à bicyclette Calais à Brindisi ?
Qui était Jean Rey ?
Votre randonnée au long cours
En détail

Votre randonnée au long cours

Le parcours initial mis au point et diffusé par Jean Rey depuis 1956 a été entièrement repensé pour le rendre compatible avec les conditions de circulation existantes cinquante années plus tard. Il bénéficie ainsi d'un caractère touristique beaucoup plus marqué (petites routes champêtres, recherche des points de contrôle BCN / BPF). Seuls les points de contrôle prévus par Jean Rey ont été conservés. Le parcours n'est d'ailleurs proposé qu'à titre indicatif et seul les contrôles prévus doivent être respectés. Le ou les participants ont toute latitude pour adapter leur parcours entre les contrôles. Le délai du parcours revu a été majoré et porté à 240 heures soit 10 journées pleines pour ceux qui prendront le départ en catégorie " Grand randonneur ".
Que vous soyez partis pour " rouler " ou pour être contemplatif, le rendez-vous est fixé à Calais, à moins que vous n'envisagiez de parcourir l'itinéraire en sens inverse ce qui est tout à fait possible, voire de faire l'aller-retour (quelques-uns l'ont réussi dans les années 70… du siècle précédent !).
Imaginons que vous partiez de Calais. C'est historiquement la ville des six bourgeois, ceux qui en 1347 (la lourde défaite des chevaliers français face aux archers anglais avait eu lieu à Crécy l'année précédente, en 1346) se livrèrent à Edouard III roi d'Angleterre assiégeant la ville ; Par leur action ils mirent fin au siège ; condamnés, ils furent sauvés in-extrémis de la décapitation par l'intervention de la reine Philippine de Hainaut, femme de Edouard III.
Pour rejoindre la capitale, vous allez cheminer dans une partie nord de la France riche en événement historiques... et pas si plate que certains pourraient l'imaginer…
Voici Beauvais, Ville de Jeanne Hachette, héroïne lors du siège de la ville par Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne, en 1472. Par son exemple, elle participa à repousser victorieusement les Bourguignons, dont l'avancée fut stoppée nette.
Mais ici, un douloureux dilemme se présente à votre libre arbitre : passerez-vous par le centre de Paris, par L'Ile de la Cité et Notre-Dame, comme le fit Jean Rey, ou bien redoutant la complexité du cheminement urbain (que nous avons toutefois analysé, reconnu et décrit pour vous), préférez-vous emprunter la variante contournant Paris par l'Est ? L'un ou l'autre choix vous ramènera à Blandy-les-Tours. Vous y êtes...
L'Ile-de-France s'achève, et vous entrez pour un bon moment (presque jusqu'à la frontière avec l'Italie) sur ce que furent les terres de ce même " Téméraire " Duc de Bourgogne cité plus haut, au temps de sa splendeur. Il fut rival du Royaume de France, allié de la perfide " Albion ". Décidément cette randonnée est imprégné des reliquats de la Guerre de Cent Ans, ou plus excatement d'un vieil antagonisme entre Français et Anglais…. Il faudra dès 1845 les prémices de l'Entente Cordiale entre le Royaume-Uni et la France (règne de Louis-Philippe) pour que les différents s'aplanissent… et que la " Malle des Indes " d'abord routière, puis ferroviaire devienne une réalité.
En attendant vous progressez. Les contreforts des Alpes sont devenus réalité. Déjà un petit col, celui du Chat, " obligatoire ", puisque le tunnel praticable par les cyclistes au temps de Jean Rey, leur est désormais interdit. Ce petit détour en altimétrie en vaut la peine : prenez le temps d'un arrêt pour goûter au magnifique panorama offert sur le lac du Bourget, avec en face de vous sur l'autre rive le Mont-Revard, surplombant Aix-les-Bains et Chambéry.
D'abord faite de faux-plats voici la longue vallée montante de la Maurienne (100 km). Vous aurez tantôt à gauche, tantôt à droite, une pensée pour quelques cols mythiques, Madeleine, Glandon, Télégraphe et Galibier… lesquels cette fois ne sont pas au programme. Après Saint-Michel-de-Maurienne les choses se corsent : quelques verrous glaciaires sont à franchir pour accéder au pied du toit de la randonnée : le col du Mont-Cenis à près de 2.100 mètres d'altitude. Rendu au sommet, savourez l'immense et magnifique lac artificiel d'altitude qui faudra longer quelques dizaines de km durant avant de vous laisser glisser vers Susa, Turin, la plaine du Pô… C'est le pendant de la Maurienne, mais cette fois-ci c'est un faux-plat " globalement descendant " lequel, mine de rien s'achèvera à Rimini dans 570 km !
Mais auparavant, cette plaine du Pô, il vous faut la déguster. Nous vous y avons concocté quelques détours. Mais aussi et surtout il vous faut privilégier la traversée des grandes villes en passant par leur centre : architecture historique, immenses dallages, foules actives, bigarrées et souvent sensibles à votre passage. Car en Italie les cyclistes ont " la cote " !
Après la plaine, le bord de mer. Voici l'Adriatique, atteinte après 1.600 km de route. Vous allez la longer jusqu'au terme de la randonnée. Le littoral sera rarement perdu de vue, une fois au moins sur 150 km environ car il faut bien éviter la péninsule constituée par le promontoire du Gargano, culminant tout de même à 1.000 m. En Italie en effet la montagne n'est jamais bien loin, même si vous longerez souvent une côte sablonneuse et rectiligne, interrompue quelquefois par des falaises !
Depuis Rimini où vous avez atteint la côte Adriatique, le décor à progressivement changé, la végétation devient celle du " sud ", et fait remarquable les habitations se parent désormais d'une blancheur éclatante, probable parade à la chaleur qui l'été sévit sous ces latitudes.
Après les Abruzzes montagneuses (pas moins de 21 stations de ski - Point culminant le Corno Grande à 2.912 m dans le massif du Gran Sasso - Chaîne des Apennins), longtemps considérées comme une partie sous-développée du Mezzogiorno (ancien royaume des Deux-Siciles, intégré à l'Italie en 1860) voici, peu après Termoli, les Pouilles. Elles vous accompagneront jusqu'au terme du voyage.
Les Pouilles (de leur nom ancien l'Apulie, et non de l'adjectif pouilleux !) constituent en quelque sorte le " talon " de la " botte " comme se plaisait paraît-il à dire Napoléon parlant de l'Italie. Sauvages, attachantes et agricoles, elles portent le point le plus oriental de l'Italie, le cap d'Otrante (85 km après Brindisi) : de là les côtes de l'Albanie ne sont qu'à 80 km ! Longtemps connues de quelques écrivains, artistes et initiés, elles commencent à faire parler d'elles.
Si sa position géographique en fait le talon d'Achille de l'immigration, cette antique Apulie c'est aussi et surtout le garde-manger de l'Italie où céréales, olives, vins, fruits, poissons et délicieuses mozzarelles abondent. Terre pétrie de spirituel, elle accueille les pèlerins depuis les croisades, alors base arrière et port d'embarquement pour la terre sainte, et se couvre d'architecture militaire et sacrée.
Enfin, avant de prendre le train pour Rome ou pour Milan, allez sur le port de Brindisi, secteur toujours très agité, ou dans la vieille ville heureusement plus calme, et, dégustez donc quelques spécialités régionales comme les Oriechettes aux brocolis, ou les Penne al forno…

Bon voyage…